Formatage

Un jour quand j’étais pas si grande que ça, en classe on apprenait à compter et à tracer les chiffres. C’était pas si compliqué, même qu’une fois, la madame avait demandé 3+4, j’étais contente parce-que je connaissais la réponse; c’était 7. Alors, je l’ai écrit sur ma feuille. Mais je trouvais que le 7 et bhen il ressemblait à un rockeur avec une coupe d’Elvis Presley, ça m’a un peu fait rigoler alors je lui ai rajouté une crolle et une guitare. J’étais contente de moi. Mais la madame elle a crié. Et ce jour là, j’ai un peu pleuré. A la grande école, on était plus là pour s’amuser. Les 7 c’était pas des rockeurs. C’était des 7. Et si je pouvais pas comprendre ça et bien c’est que j’étais impertinente ou quoi. Et ça, oh, non, impertinente-ou-quoi je voulais pas l’être du tout, alors j’ai essayé de toutes mes forces d’effacer de ma tête l’image du rockeur.

Depuis ce jour, je fais des 7. Sans crolle et sans guitare.

Voilà, c’est tout.

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Le Sport.

« Aller à la salle de sport, c’est un peu le contraire que d’aller chez ton ex: t’as jamais envie d’y aller mais une fois que t’y es, tu te dis que c’était une bonne idée ». (Je crois que je devrais écrire au Larousse pour proposer cette maxime).

Un billet sur le sport, tout un programme…. A l’école déjà, j’étais nulle: j’savais pas faire ma roue, ni mon poirier, j’avais peur des sauts en hauteur et je fermais les yeux si il fallait rattraper une balle (sans vous parler de ma sainte horreur du saut de plint). Je faisais partie de ces gens qui se retrouvent toujours en dernier sur le banc quand il faut faire les équipes. (Mais ouf, il y avait une grosse moche qui était encore plus nulle que moi et donc voilà). Dans ma famille, on est pas des sportifs, j’ai été élevée en entendant « le sport c’est pour les brutes, nous on est nuls de génération en génération, quand les autres se moquent de toi, dis toi que tous tes ancêtres sont passés par là ». Merci papa. Alors, qu’à l’école, je me cachais dans un coin dés qu’il fallait avoir un semblant de coordination, de vitesse (deuxième phobie: les courses relais) ou d’esprit de compétition, à la maison on me faisait la fête quand je revenais avec un 0 en gymnastique « c’est sur et certain, c’est bien une Bergé », s’exclamait mon paternel. Heureusement pour moi, en secondaire, être sportif c’est devenu quelque peu ringard. J’étais toujours aussi nulle mais tout d’un coup cette nullité devenait cool. Malgré tout, courir autour d’un lac en short et en tee-shirt par -5, et bien, c’est sans doute le pire souvenir que je garde de mes années d’humanités. (Encore une fois, mon père ce héros, en bon médecin qu’il est, me proposait de lui-même de me faire des certificats pour que je puisse échapper à la torture mais bon quand même j’avais trop d’honneur et de dignité pour en arriver là).

Soit, vous l’aurez compris, une grande sportive je ne suis pas.

Et puis un jour, l’école et ses horribles leçons d’éducations physiques, c’en était fini. J’étais grande, je pouvais choisir ou non de me bouger. Et là… les choses ont changées. Très vite, je me suis rendue compte que si je ne faisais pas de sport du tout j’allais vite attraper les fesses de Maité, j’ai donc franchi le cap et je me suis inscrite dans une salle de fitness…

La salle de sport, c’est un monde à part, un endroit où retentit de la musique nullissime, des mecs qui poussent des cris proche de l’orgasme en soulevant des poids, des meufs méga bonasses qui courent sur des tapis et aussi des tas de gens normaux qui ont l’air un peu débiles en jogging à transpirer tout seul dans leur coin (je fais partie de cette dernière catégorie). ça fait 5 ans que je suis inscrite, je n’ai jamais adressé la parole à personne: Jehanne Bergé Prix de l’amabilité. Je fais mon truc comme une autiste, habillée n’importe comment, en général avec les cheveux gras, les joues rouges vif et le regard vide (je me dis presque à chaque fois que si j’arrive à me faire draguer à la salle c’est que le mec est soit vraiment amoureux soit complètement désespéré). Bref, quoi qu’il en soit, au fur et à mesure, j’y ai pris gout, tant et si bien qu’aujourd’hui, si je n’y vais pas pendant plus d’une semaine, bhen je me sens pas très bien… Ouf, hein? Et ce n’est pas tout, cerise sur le gâteau; je participe également à des cours collectifs, ce truc bizarre où  à 50 dans une salle tout le monde fait des abdos sur des tubes pourris de 2007 sans s’adresser la parole ni se regarder… (Société post-moderne en plein). Et même que parfois, comble de barakitude, je fais du spinning; du vélo sur place dans une salle bondée où les murs suintent, alors que ton corps sue autant qu’il peut suer sous les beats d’une grosse techno de flamands et le pire…c’est que je kiffe.

C’est que ça me fait du bien cette histoire, faut pas croire, jamais je ne ferai un sport d’équipe parce-que je suis toujours aussi nulle et gauche, que j’ai toujours aussi peur de faire tomber la balle et de pas être assez rapide (même en vacances avec mes amis sur la plage, dés que j’entends le mot « volley » ou « badminton » je me cache derrière ma bd)… Cependant, va savoir pourquoi, dans la salle, tout seule, incognito, bhen ça me défoule un bon coup et ça me permet de pas trop hurler contre les connards dans le métro, ni de gueuler quand je ne trouve plus mes clés bref… Après le sport, je me sens un rien moins névrosée.

Bref, si toi en lisant cet article, tu te dis « merde, j’avais dit qu’en 2014, je ferais du sport » bhen vas-y, en plus sporter ça libère des endorphines, l’hormone du bonheur, pas mal hein…

Bon, allez, salut, rdv sur le tapis roulant!

L'auto-persuasion ça a du bon.
L’auto-persuasion ça a du bon.