A toi, Cécile

Un jour, tu m’avais dit que tu lisais mon blog, puis que tu l’aimais bien. J’avais souri un peu en baissant les yeux (comme souvent dans ce genre de moment).

Un jour, tu as disparu. Tu as quitté la terre comme ça, pouf.

Je ne vais pas te mentir, aujourd’hui, un an plus tard, je ne réalise toujours pas.

Je me suis dit que t’écrire quelques mots serait une belle idée.

La dernière fois qu’on s’est vues au Zatar w Zweit de Sodeco, on a mangé des frites au fromage et tu as dit que la prochaine fois on referait ça. Tu vois, vraiment, je ris en me souvenant de ce moment. Des frites aux fromage = l’insouciance, drôle d’image, pas vrai?

Yalla Bye. On s’appelle, hein. Rentre bien. Bisous. Allez, ciao.

Comment peut-on imaginer que tout s’arrête là?

Tu te souviens quand on a bu des bières sur ta terrasse à Brumana? Au milieu des pins. Loin du vacarme… Tu disais, « ici, je suis comblée ». C’est pas mal beau je trouve, d’être comblée.

Des belges blondes, anciennes de l’Ihecs, qui adorent la bd, qui vivent au Liban et qui ont bossé pour les mêmes magazines, avoue qu’il n’y en a 8000… Et bim le destin fou nous fait nous rencontrer entre deux couloirs. C’est drôle la vie des fois.

Et des fois, vraiment, ça l’est pas.

Cécile, tu sais, te voir comme ça, avec ton fils, ton boulot, ta vie au Liban, loin de la Belgique… T’étais un exemple pour moi. Franchement quoi. Je te trouvais super forte d’y être arrivée.

Cécile, toi qui vivais tant. As-tu senti la mort t’attraper?

Il parait que tu n’as pas souffert, que tu t’es envolée.

Le jour où tu as rejoint les étoiles, tes amis ont écrit sur ton profil Facebook. On s’était parlé deux jours plus tôt… Je t’ai envoyé des messages, je t’ai demandé ce que c’était que ce délire… Comment aurais-je pu imaginer cette réalité?

Le lendemain, j’ai appelé l’Alba. J’étais sur le lit. J’ai raccroché.

Vide absolu.

Pour rationaliser, pour faire porter la faute sur quelqu’un ou quelque chose, j’ai lu tout ce que j’ai pu sur « rupture d’anévrisme ». Je n’ai pas trouvé de coupable et c’est sans doute ce qu’il y a de plus dur.

C’est incroyable la vie Cécile, je te vois toute grande, toute mince, avec tes cheveux blonds éclatants, rire au vent, faire la bise à tout Beyrouth, me présenter à machin et bidule.

Un coup du sort.

Tu nous donnes à tous, la plus belle des leçons de vie. Faut en profiter puisque tout peut s’arrêter. Comme ça. D’une seconde à l’autre.

Tu es,

Un sacré bout de femme.

Une combattante du quotidien.

Un rayon de soleil.

Tu sais, c’est bizarre, mais pour moi tu n’es pas morte. C’est juste que je ne t’ai pas vue depuis longtemps.

Tu nous regardes de quelque part? Tu nous protèges?

Je t’embrasse fort.

Je pense à toi.

Cécile l’éternelle.

En souvenir de cette belle après-midi à causer de tout et rien sur ton balcon….

 

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4 réflexions sur “A toi, Cécile

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