Vélo, saxo, hello

Le blog,

J’ai une petite histoire à te raconter. C’est pas grand chose mais ça m’a mis du baume au cœur alors je me dis que, peut-être, ça t’en mettra aussi.

Dimanche dernier à Bruxelles, il faisait beau, très beau (à ce propos, un jour, je te parlerai de ma théorie du SUNday). Bref, je me réveille d’un bon, d’un seul avec une terrible envie de ballade en vélo. Du coup, j’enfourche la petite reine direction le canal vers Halle. Je fais une belle ballade au milieu des arbres, des cyclistes du dimanche et des pêcheurs imperturbables. Tout d’un coup, sur le trajet du retour, à hauteur de Ruisbroek, je sens une odeur de frites. Je me dis que bon, quand même, je dois manger des frites avant de rentre au Liban. Pour arriver au Fritkot (oui ça se dit), je dois traverser les rails par le tunnel de la gare. Là, quelle n’est pas ma surprise d’entendre une merveilleuse mélodie de saxophone sortir de nulle part. J’avance encore un peu et je découvre un jeune homme appuyé au mur en train de jouer. Je le regarde, je continue mon chemin, je m’arrête, je fais demi-tour et je lui tends une pièce de deux euros. Il me dit en souriant « no thanks I’m here just for the echo, the sound ». Je me sens bête et bourgeoise. Un peu, pas trop. Je souris et je reprends mon chemin vers la friterie (ça se dit aussi). Le son du saxo me berce. Les arbres sont orangés, le ciel est bleu. Les frites sont bonnes. C’est chouette.

marian

Je rebrousse chemin pour retrouver la route des cyclistes. En repassant devant le gars au saxo, je m’arrête et lui demande si je peux prendre une photo (oui j’avais mon appareil). Il sourit et acquiesce. Je m’exécute. Il me dit qu’il s’appelle Marian, qu’il est Roumain. Il m’explique qu’il travaille dans la construction la semaine et le we il joue de la musique pour se relaxer et communiquer avec dieu. Il vit en Belgique depuis deux ans. Je lui demande « ça va ici »? Il me répond « oui mais les gens sont quand même bizarre, parfois méchants, mais c’est la vie ». Je souris tristement. Il m’explique que d’autres personnes de sa communauté sont très pauvres et vivent n’importe comment. Je dis « oui, je sais j’ai justement vu un reportage hier sur un camp de Roumains à Bruxelles ». Il me parle de son pays où la nature est magnifique. Il me dit « tu devrais y aller toi qui aimes voyager ». Je dis « oui un jour j’espère ». Je lui propose de lui envoyer les photos que j’ai prise de lui. Mais je n’ai ni bic, ni feuille, ni téléphone. Il m’inscrit son nom sur une carte De Lijn. Les traits sont tremblants et sans continuité. Je glisse le ticket dans ma poche. On se dit bonne chance pour la suite. Je m’en vais.

Derrière moi retentit la musique du saxo, je suis contente, j’ai le cœur gros.

Je repense au fait qu’il ai refusé ma pièce, aux passants indifférents, au train qui roule au dessus de sa tête. C’est quand même pas mal poétique, j’trouve.

Comme quoi, dans la vie, des fois, ça vaut la peine de prendre 5 minutes pour observer le monde. Ça le rend plus joli ce fameux monde puis ça casse la gueule aux préjugés. 

Voilà cétait la petite histoire de ma ballade en vélo. C’est rien mais c’est quand même quelque chose.

Ah, j’y pense. Si toi aussi, tu veux écouter la musique de Marian, il est tous les dimanches sous le pont pour piétons de la gare de Ruisbroek. Si tu le croises, salue le de ma part.

Voilà, voilà.

A bientôt,

(j’ai fait une petite vidéo mai je tremblais un peu, pardon)

 

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