Chronique de Beyrouth (4): on s’habitue à tout

Salut,

ça fait un bout que je t’ai pas écrit. Voilà maintenant cinq mois que j’ai quitté ma petite Belgique pour venir tenter un bout de nouvelle vie ici, au Liban. Cinq mois, c’est pas beaucoup, mais quand même, c’est pas rien non plus. Tu as le temps de découvrir, comprendre (un peu), t’attacher (beaucoup), prendre tes marques, créer des choses, apprendre quelques mots d’arabe, voir passer les saisons, te sentir bien.

Les coupures d’électricité quotidiennes, les embouteillages, les services (taxis collectifs), la belle lumière, les toilettes hypers propres partout, les enfants qui mendient, les supers riches à côté des supers pauvres, la bouffe mega bonne, le stress d’écrire une connerie dans un article de presse, s’apprivoiser, être payée en chèque, appeler ses proches par skype, avoir un internet de merde, parler de la guerre, vérifier si c’est l’électricité ou le générateur, recevoir des messages vocaux sur WhatsApp, se déplacer dans une ville sans adresse, relativiser les choses, voir des photos de martyrs sur la route, débrancher le frigo pour faire marcher le micro-onde, ne jamais boire l’eau du robinet, ne jamais jeter le pq dans la toilette, comprendre 1 mot sur 10 quand quelqu’un parle arabe, expliquer pourquoi je suis là, fermer la fenêtre quand ça pue la pollution, rencontrer des gens gentils et puis tout le reste aussi.

On s’habitue. A tout, enfin je crois.

C’est quand même marrant de réaliser qu’à un moment ce qui était inconnu et surprenant devient normal et confortable. Les repères changent, les habitudes aussi (oui je sais, ça on l’a compris).

Cinq mois que cette nouvelle vie à commencé, avec des (sacrés) défis personnels et professionnels. Vivre à deux + écrire pour du vrai = salut-je-deviens-une-adulte-qui-s’assume.

On va pas se mentir, au début, c’était pas vraiment si simple. Sortir de la zone de confort, tout ça. (Ho Hisse). Et puis, vient un beau jour où tu te réveilles sans te demander ce que tu fous là et soudain tu réalises que, ouais, ça y est, tu commences à faire tes marques.

Petit à petit l’oiseau fait son nid.

C’est beau je trouve de s’approprier un nouveau pays, des nouveaux amis, une nouvelle vie.

Voilà, voilà, je voulais te dire ça parce-que je passais par là,

Bisous de Beyrouth.

Welcome to Lebanon

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