Carnet de voyage: Liban (partie 3)

Les trois prochains paragraphes sont pas funky-funky autant te prévenir. Mais bon, en fait, la vie c’est pas toujours si joli.

Les réfugiés syriens

Depuis le début de la guerre en Syrie, le Liban a accueillit plus d’un million de réfugiés syriens. Ils représentent un quart de la population. Nombre d’entre eux vivent dans une situation extrêmement précaire. Certains plus sont plus chanceux (parce-que souvent plus riches) et peuvent continuer une vie descente. A Byblos, une jolie station balnéaire, je rencontre une jolie fille avec des yeux claires, des longs cheveux bruns et un grand sourire. On parle de coup de soleils, de voyages et de couchsurfing. Puis là, au détour de la conversation, j’apprends qu’en fait ça fait pas très longtemps qu’elle vit au Liban, elle est arrivée avec sa famille pour fuir la guerre en Syrie. Je peux pas m’empêcher, je lui demande un truc du genre « tu continues à suivre l’évolution de la guerre d’ici? ». Elle me répond que ça fait un an qu’elle a plus ouvert un journal. « Si tu veux continuer à vivre, il faut vivre ». Et puis, voilà, on a changé de sujet. Pour en savoir plus sur la situation des réfugiés: http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/12/04/au-liban-le-desespoir-des-refugies-syriens_4534073_3218.html et http://www.msf-azg.be/fr/publication/les-r%C3%A9fugi%C3%A9s-syriens-au-liban-vivent-dans-la-crainte-et-lincertitude et http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/refugies-syriens-au-liban-imaginez-24-millions-de-refugies-en-france_1628596.html

Les réfugiés palestiniens

On peut pas parler du Liban sans parler des réfugiés palestiniens. Un grand nombre d’entre eux vivent ans des camps en bordure des villes. C’est un peu un tabou de parler de ça parce-qu’il y a comme pas de solutions… En 1948 des centaines de milliers de palestiniens sont chassés de chez eux, beaucoup fuient vers les pays voisins. A l’époque, ils sont 100 000 à arriver au Liban. Aujourd’hui, ils seraient plus de 350000 (les chiffres varient selon les sources) dont la grande majorité vit dans l’un des 12 camps officiels que compte le Liban. Ces camps au fur et à mesure des années sont devenus de véritables villes voire des micro-pays à l’intérieur du pays. Chaque habitant qui entre ou qui sort du camp doit présenter sa carte de réfugié. Une sorte de prison à ciel ouvert depuis 65 ans. La question des réfugiés palestiniens (ils représentent 10% de la population libanaise) est très délicate pour ce petit pays à l’équilibre si fragile. Dans les années 70, les Palestiniens sur le territoire libanais étaient très engagés militairement et politiquement, ils ont pu organiser une résistance contre Israël à partir du Liban. La guerre civile a été déclenchée suite à un conflit entre des Palestiniens (et propalestiniens) et des Libanais chrétiens. Aujourd’hui, le pouvoir libanais par peur de déséquilibrer la démographie du pays ne fait rien pour changer les choses. Du coup voilà, ça reste comme ça. Ils n’ont pas la nationalité et attendent en vain de récupérer leur terre qui appartient aujourd’hui à Israël. Un sacré pétrin tu dis? Sources et pour en savoir plus: http://rue89.nouvelobs.com/2010/08/19/la-question-difficile-des-droits-palestiniens-au-liban-162990 et http://www.ism-france.org/temoignages/Notre-sejour-dans-le-camp-de-refugies-palestiniens-d-Ein-El-Helweh-au-Liban-article-18177

Un équilibre fragile

En 1943, les Libanais ont conclu un pacte national qui pose les bases du système politique. Le pouvoir exécutif est exercé par le président de la République qui doit être chrétien maronite. Le chef du gouvernement, le premier ministre, est musulman sunnite et le vice-président du Conseil des ministres est un grec-orthodoxe. Le président de l’Assemblée nationale est un musulman chiite. Le système politique repose donc sur un équilibre fragile. Aujourd’hui, le Liban n’a plus de président depuis plus d’un an.

La ligne de démarcation pendant la guerre

Dans le quartier d’Achrafieh, on retrouve le musée national, il est positionné sur l’ancienne ligne de démarcation qui pendant la guerre civile de 1975 à 1990 séparait les quartiers musulmans de Beyrouth-Ouest des quartiers chrétiens de Beyrouth-Est. La guerre civile au Liban a embrasé le pays et fait en quinze ans plus de 150.000 morts, 17.000 disparus et des centaines de milliers d’exilés ou de déplacés. Les tensions montaient déjà depuis plusieurs années entre d’une part les partis chrétiens et, de l’autre, les Palestiniens et les formations musulmanes et de gauche libanaises qui constitueront la coalition islamo-progressiste. Les gens de mon âge ont pas vraiment connu la guerre civile mais ils ont toujours vécu dans l’instabilité et l’inconfort. Ils ont connu la reconstruction, les attentas à répétition, la guerre de 2006. « Si un quartier était bombardé, dans le quartier d’à côté la vie continuait. » me dit le cuisinier de ce petit resto arménien qui était placé lui aussi sur la ligne de démarcation. Pour en savoir plus sur la guerre civile du Liban: http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_du_Liban/185813 et http://www.lesclesdumoyenorient.com/Guerre-civile-libanaise.html et http://www.lorientlejour.com/article/920389/la-guerre-civile-au-liban.html

La nourriture

Évidement que résumé 15 ans de guerre en 5 lignes, ça n’a aucun sens. Mais je t’invite à lire des trucs, à regarder des docus si ça t’intéresse. En attendant, revenons à un sujet plus digeste… La cuisine! On ne peut pas tenter de papoter du Liban sans blablater de la bouffe! La cuisine libanaise est connue dans le monde entier. Moi je suis tombée amoureuse du pain traditionnel qu’on te sert au resto (introuvable en boulangerie pour mon plus grand malheur), de la salade fattoush, du taboulhe (alors là, rien à voir avec la version du delhaize), du chanklish (sorte de yaourt au taboulhe) et du labnhe (yaourt épais à manger avec du pain). Au Liban, tu trouves à manger partout et à toute heure. Au resto, tu commandes différents trucs et tu picores dans des petits plats au milieu des odeurs de narguilé. Les repas familiaux c’est toute une entreprise. La table se remplit de mets, tout le monde se sert. On se lève, on part, on revient. Il y a moins de règles que chez TanteProutProutOnNeMetPasSesCoudesATable. Préparer à manger, manger, faire la sieste. Un bon principe de vie, moi j’dis.

Je pourrais encore t’écrire des pages. Mais il est temps de s’arrêter; tu sais, je suis bien heureuse d’avoir été têtue puis d’avoir acheté mon billet pour découvrir cette fine parcelle coincée entre la méditerranée, un pays en guerre et un pays-pas-vraiment-ami. J’ai découvert une hospitalité vraiment folle. Et surtout des contrastes à te retourner le cerveau et à te bouleverser le cœur.

Cher Liban, je suis tombée amoureuse de ta force, de ton humour, de ta légèreté dans la gravité, de ta jeunesse active et créative, de ton soleil, du bleu de ta mer, de ta menthe fraîche. Tu m’as surprise et déroutée. Souvent tu m’as demandé avec cet accent qui m’est si cher à présent « as tu aimé » alors enfin, aujourd’hui, je peux te répondre: oui je t’ai aimé. Et même que bientôt je te retrouverai. (mais chut, ça c’est une autre histoire)

Voilà, c’est tout.

ps: Si jamais tu peux liker la page https://www.facebook.com/unjourjetiendraiunblog pour découvrir d’autres histoires (et même parfois des blagues. Ouais.)

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