Un petit bout de rien du tout

Coucou le blog!

Mince presque deux mois que je ne t’ai pas écrit. Oups, je suis nulle… Quoique, en fait, c’est plutôt positif, si je ne me suis pas trop épanchée sur ton petit clavier c’est que j’étais plutôt occupée à regarder ailleurs…

Mais aujourd’hui, j’avais le goût de te raconter une petite histoire, un petit bout de rien du tout….

Ce matin, à Montréal. Je sors de l’appartement de Virginie qui m’a accueillie pour la nuit, je lui lance un « merci beaucoup » et elle de me répondre « ça me fait plaisir ». Je prends le métro pour rejoindre mon covoiturage vers Sherbrooke. Je descends de la ligne orange à Berri-Uquam pour me rendre sur la ligne jaune direction Longueuil. Je traverse des couloirs gris, je suis les flèches et les navetteurs. J’arrive face à un grand escalier. Au bout des marches, un musicien chante la mélancolie pour des passants qui comme moi l’entendent mais ne l’écoutent pas. Je m’apprête à descendre, quand soudain j’aperçois un très très vieux monsieur qui arrive derrière moi. Il avance péniblement grâce à son déambulateur. Il est plié en deux d’avoir trop marché, trop porté, trop vécu. Il arrive à ma hauteur. Face à nous l’escalier. Un simple passage pour moi, un obstacle de vie pour lui. Autour de nous, les passants font ce qu’ils font de mieux, ils passent. Bien évidement, je lui propose mon aide. Il me dit d’une voix qui tremble que si je peux descendre sa marchette ce serait bien gentil, je m’exécute. De ses deux mains, il s’accroche à la rampe avec toutes ses forces de petit vieux. Il est plié en deux, je ne vois même pas son visage. Je reste pas loin, chaque pas est une petite victoire. Arrivé en bas, je lui rends son fidèle engin. Nous sommes tout près du musicien que l’on voit sans regarder. Le petit vieux courbé par la vie m’adresse un « merci beaucoup », et moi de lui répondre un « ça me fait plaisir ». Je me retourne pour me fondre dans la masse des navetteurs de la ligne jaune. Toujours cette mélodie triste que personne n’écoute. Puis, derrière moi, j’entends un bruit de monnaie, la musique s’arrête, je perçois un « merci beaucoup », ce sont les mots du musicien, et le petit vieux accroché à sa marchette comme on s’accroche à la vie de lui répondre « ça me fait plaisir ».

Le métro est arrivé et j’ai eu une grosse envie de pleurer.

Voilà. Je t’avais prévenu c’est un petit bout de rien du tout comme il en arrive beaucoup mais j’avais envie de te raconter ça.

A bientôt,

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2 réflexions sur “Un petit bout de rien du tout

  1. Hello Johanne!
    J’avais déjà fait un tour sur ton blog par l’intermédiaire d’Elise, après la lecture de l’article « Le message du lendemain ». C’est très agréable de te lire; ces petites histoires du quotidien, dans lesquelles on se retrouve tous, et que tu décris avec beaucoup d’humour et de justesse! Bon vent au Canada 🙂
    Marie

    J'aime

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