Les amours de vacances

« C’est un amour de vacances, une histoire sans lendemain, mais à laquelle on repense les yeux pleins de chagrin », merci Christophe Rippert pour ses paroles d’une poésie sans égale.

Les amours de vacances, tout un programme. Déjà, à 6 ans au Kids Club de l’hôtel, la tentation était forte. Plus tard, vers 14 ans, il y a eu ces interminables nuits à regarder les étoiles sur la plage en se caressant très pudiquement l’avant-bras. Les années passent, la pudeur aussi. Et puis un jour t’es adulte, plus ou moins maître de ton destin, de tes nuits, de ton temps, et c’est là que ces amours éphémères deviennent intéressants.

Quand Cupidon Globe Trotter te pique, tu ne sais pourquoi mais tout devient plus fort, plus intense, plus vrai. Ce mec/cette meuf si tu l’avais rencontré à une soirée, dans ta ville, avec tes potes, tu lui aurais sans doute pas parlé, ou probablement tu ne l’aurais jamais rappelé, mais la magie du voyage change bien des choses… D’un coup, d’un seul, cette personne qu’ il y a quelques heures tu ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam devient The One, un The One éphémère mais un The One quand même. Les minutes sont comptées alors autant en profiter, chaque moment est d’une beauté infinie,  tu te sens vivant(e), vraiment. Pas de places pour les doutes, les angoisses, la mauvaise humeur. Un chef-d’oeuvre sinon rien, telle est la règle tacite des voyageurs amoureux.

Tu te ballades dans cette ville exotique que tu découvres avec ton nouvel amant. La ville et l’amant: tout est à voir, sentir, explorer.  Tes sens sont en éveil. Le soleil en prime. L’exaltation.

A cette perfection relationnelle  mais sans doute irrationnelle, je ne vois qu’un seul facteur essentiel: l’inéluctable séparation. Les adieux toujours plus proches et menaçants emplissent de fougue le plus insignifiant des instants. Tu donnes le meilleur de ta personne, et inversement (enfin, normalement).

Et puis, vient le moment des au-revoir, les yeux dans les yeux, le regard tellement intense que tu ne clignes même plus, les mains tellement serrés que t’en attrape des crampes, on sait qu’on ne se reverra plus jamais mais on se dit à un de ces jours quand même parce-qu’on ne sait pas de quoi demain sera fait.  On se doute bien que dans quelques secondes le moment présent sera du passé alors on voudrait qu’il dure l’éternité. (Tcheu, je crois que je surpasse Christophe Rippert, là). On se regarde partir chacun de notre côté jusqu’à disparaître complètement du champ de vision du bien aimé,  tu sens la boule se formée dans ta gorge, ton cœur se serré et tu te dis « mais enfin, je vais quand même pas chialer pour ça ».  Tu ralentis le pas, les bras ballants, tu te mords un peu les lèvres et malgré toi, tu sens un petite larme salée couler jusqu’au coin de ta bouche.

Fin de l’idylle.

Des milliers de kilomètres plus tard, de retour au bercail, malgré la pluie, le bus bondé et les mails à traiter, tu souris bêtement, et voilà, tu te dis que c’était bien.

 

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