Welcome to Canada: Le plus gros fake de l’histoire de l’humanité

Vendredi 3 février, 7h du matin, aéroport de Zaventem, je lance un joyeux « A dans quatre mois » à mon petit papa qui regarde partir sa baby girl vers le grand Nord. A ce stade, je pensais que le plus gros fail de mon voyage était d’avoir compris que je ne pouvais prendre que 23 et pas 46 kilos de bagages et donc de m’être privée de mon peignoir, de mon sèche cheveux et de chaussures un peu plus sex’ que mes moon-boots. Bref, rien de dramatique à l’horizon. Le trajet se passe nikel, j’arrête pas de sourire, la vie est belle, belle, belle. Tout est si parfait, que pleine de confiance pour ce beau pays d’accueil, je ne suis pas les conseils de mes proches et au lieu de mentir en disant que je viens comme touriste, je dis gentiment la vérité: » je viens faire mon mémoire et mon stage ici chez vous ». Mais pourquoiiiiiiiiiiiii? PIRE ERREUR DE MA VIE. La douanière m’envoie au bureau de l’immigration, je commence à stresser doucement mais je me dis que non tout va bien se passer après tout, c’est pas possible en plus j’ai tous les papiers qu’il faut. Une agent de l’immigration me reçoit et me dit que si j’ai pas de permis de travail, ça ne va pas le faire: on me demande de patienter. Là, je commence à stresser pour de bon mais je me chantonne « don’t worry, be happy » et me répète 75 fois par minute « c’est un cauchemar, ça va passer » (on se rassure comme on peut hein!). Les agents discutent de mon cas sans me regarder et parlent en même temps de leur soirée de la veille. Mon destin se joue au milieu d’une conversation à propos de pizza et de films pourris. GREAT! On me rappelle une demi-heure plus tard, dés ce moment commence l’enchainement: la meuf me dit que la décision est prise, je dois repartir dans les plus brefs délais, en gros sur le prochain vol. J’essaye de m’expliquer: je travaille sans rémunération-dans le cadre de mes études-des gens m’attendent-on m’avait dit qu’un permis de travail n’était pas nécessaire-et si je viens juste comme touriste-est-ce que mon ambassade peut faire quelque-chose? « Mademoiselle, vous dites encore un mot et vous êtes interdite de séjour à vie ». Ok! Le ton est donné. On est pas là pour rire. Je me tais et j’obéis. Une flic très moche et très méchante vient me chercher pour qu’on récupère ma valise, elle me regarde porter tous mes trucs comme une handic et m’engueule pcq je demande de l’eau. On est définitivement pas là pour rire. Double galère, mon numéro belge est coupé: je ne peux ni recevoir ni donné d’appels. Je ne savais prévenir personne, ni mes parents, ni mon stage, ni mes futurs collocs qui m’attendaient gentiment à Montréal et qui devaient s’inquiéter de ma non-venue. A partir de ce moment exact, je me suis mise à réfléchir de manière à régler chaque problème indépendamment les uns des autres. Le plus urgent était de prévenir mon père. « Vous avez quel âge mademoiselle, votre papa va rien faire pour vous, vous êtes pas mineure, vous n’avez pas le droit de lui téléphoner ». Nice.Une flic un tout petit peu plus gentille m’a quand même emmené dans un bureau « tu as trois minutes pour téléphoner avant de prendre ton avion, dépêche toi ». Ok, qui appeller? Être le plus clair possible… AGIR. La moche et méchante madame m’a amené dans l’avion direction Paris, j’ai du rentrer en premier escortée par cette vilaine, tout le monde me regardait, c’était très humiliant. Pas très cool ce sentiment. Un couple de français moyen un peu beauf se sont assis à coté de moi, j’en pouvais plus de tout ce qu’il s’était passé, je leur ai tapoté l’épaule « bonjour, est-ce que je pourrais vous parler juste deux minutes, j’en ai un peu besoin en fait? » Ils ont été gentils (je faisais un peu pitié je crois). Après un vol plein de turbulences avec la clim’ à fond (aaaaaatchoum), j’ai débarqué à paris (avec la crève). Pour la petite histoire, en sortant de l’avion à Charles de Gaulles, il y avaient plein de flics, je me suis mise à trembler, évidemment ce n’était pas pour moi mais  quand même ces pas-très-gentils-canadiens ont fait de moi une petite parano de l’uniforme.  A l’aéropport, j’ai acheté une carte sim, ouf, j’étais désormais joignable. La pression est redescendue et je me suis mise à pleurer comme un bébé, je me relâchais enfin un peu. J’ai été dans un petit hotel pourri, pourtant, je trouvais que ma chambre était le plus doux cocon du monde et puis joie, bonheur  avec un accès à INTERNET.  Le lendemain je me suis rendue chez le papa d’amis.  Un peu de repos, de conversations intéressantes et de vie paisible après tout ça. Ce lundi matin, j’ai été à l’ambassade, ça n’a pas servit à grand chose. Je commençais à me résigner à ne pas partir à Montréal quand ma maître de stage m’a sonné ça m’a redonné la pêche à fond. Objectif donc: me casser pour de vrai, d’ici la fin de la semaine. Je suis rentrée à Bruxelles mais dés demain, je fais des pieds et des mains pour repartir, nondidju c’est quand même mon rêve! D’ici-là: dodo!

Voilà, voilà, les petites aventures… En tout cas, ça n’a pas été ultra rigolo mais quand même durant ces trois jours, j’ai appris des trucs sur moi, sur mes proches, sur la viiiiiie. Et donc tout n’est pas perdu. Et promesse à moi-même, JAMAIS au grand JAMAIS je n’abuserai de mon autorité. Et puis un autre truc, quand t’es dans la mouise, n’importe quelle aide fait un bien fou, donc voilà, ça je le retiens. Sinon, vous j’espère que votre we a été agréable, que vous avez fait de beaux bonshommes de neige!

Cette histoire m’a quand même bien fait penser à ce bon vieux Terry Gilliam (la bureaucratie c’est de la merde):

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s