Et si, on laissait sa place à l’amour?

Salut,

J’avais envie de te parler d’un truc.

Je réfléchis pas mal en ce moment, à cette bonne vieille personne qu’est moi-même. Au fur et mesure de mes expériences, de mes jours et de mes nuits, je me dis que quand-même, je suis un peu une handicapée des sentiments.

Et peut-être que toi aussi. Si oui, welcome dans la team des peureux du coeur, de ceux qui préfèrent se protéger que de sauter, l’équipe des romantiques devenus cyniques.

C’est avec mes préférés que je sors mon poison, on s’entend que ce n’est pas tout à fait normal. L’intimité m’angoisse autant qu’elle me fascine. La stabilité me rebute autant qu’elle est ma quête inavouée. Contradiction est mon deuxième prénom.

Du coup, je lis, je parle, je m’informe. Et je veux te partager deux minis pensées qui m’ont fait faire des petits bons dans mon cheminement.

Alors voilà:

– Mon père et moi, sur la canapé:

(moi) – Tu vois, le truc c’est que j’ai peur de me sentir humiliée et ridicule si j’aime plus que l’autre, si je l’aime trop.

(mon père) – On aime jamais trop quelqu’un.

5 mots.

Qui ont bousculé mon cerveau.

O N  A I M E  J A M A I S  T R O P  Q U E L Q U ‘ U N

Je te laisse les digérer à ton aise.

– Alors que je me préparais un café en procrastinant autour de ma vie professionnelle, j’ai entendu un podcast  plutôt cool qui propose une autre manière d’envisager l’amour.

Et si, au lieu d’attendre de l’autre qu’il/elle devienne notre moitié qui nous comprend au premier instant, on envisageait l’autre comme un être qu’on a la chance d’aimer pour ce qu’il/elle est peu importe ce qu’il/elle fait ou dit. Envisager l’amour comme l’opportunité d’aimer quelqu’un tout simplement, ce qui est ultra positif et donc procure un sentiment de joie fort.

Voilà, après il faut mâcher, avaler, et laisser ces mots pénétrer le cerveau à leur rythme.

Mais moi, ça m’aide alors je me dis que peut-être que toi aussi.

Je te laisse avec ça,

Bisous!

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Lettre à moi d’il y a 20 ans, quand j’avais 10 ans

Salut Jeje,

J’espère que tu vas bien du haut de tes 10 ans. Tu vois, tu étais certaine que tu allais mourir jeune ou que tu ne deviendrais jamais adulte mais je t’écris aujourd’hui depuis mon salon en 2019. Tu as 30 ans et tu essayes comme tu peux de faire ta place, de t’écouter, d’aimer et de créer. Ce n’est pas simple tous les jours mais tu t’en sors pas si mal finalement.

Alors, comment ça se passe sous le préau? Tu es le bourreau des uns et la victime des autres ? Essaye de ne pas être trop cruelle, ça laisse des traces, c’est pas chouette. Et puis, cesse d’essayer de plaire aux plus populaires. Tu t’en fous s’ils se foutent de ta gueule. T’inquiète, ils ne resteront pas les Kings de la cour de récré pour l’éternité. C’est pas parce que quelqu’un est vilain avec toi, que tu dois décharger sur les plus faibles. Ouais, ce carré de béton est un univers impitoyable, mais quoi qu’il arrive, laisse couler.

Ah et arrête de laisser ton appareil dentaire traîner dans ton sac, premièrement c’est complètement dégueulasse, ensuite tes dents tu les gardes toute ta vie du coup, ben cool si tu ne fais pas n’importe quoi. Ah et pour ces fameuses « dents du bonheur » (quel nom débile) et ton oreille gauche légèrement décollée, je te jure que tu finiras par oublier. Même chose pour tes tâches de naissance, ça va prendre du temps mais tu vas les accepter. Par contre tu vas créer d’autres complexes au fil des années. Tu sais pourquoi ? Parce qu’on veut toujours te rendre mimi dans la famille, du coup tu vas finir par penser que c’est juste comme ça que tu peux exister. Va falloir être forte Jeje et te dégager de ça.

Et tes amours imaginaires ? Je sais, ça te tord déjà les neurones et l’estomac. Tu rêves du Prince Charmant. Ma petite Jehanne, les histoires de princesses qui attendent en haut d’une tour c’est pas génial pour ta sensibilité. Raiponce et sa longue tresse, ce n’est pas la vie, je te jure. Mais t’inquiète pas, tu vas rencontrer des chouettes garçons. Ils vont t’aimer même avec tes défauts et tes angoisses. Ce sera sincère, joli et doux. Après l’amour, je vais pas te mentir, ça va faire mal, tu vas sentir des piques horribles dans l’estomac, mais comme de tout, tu t’en remettras.

Spoiler : tu resteras toujours un peu dans la lune. Mais crois-moi, ça finira par t’aider, te porter. Tu dessines comme un caca et tu chantes comme une casserole (dis à Maman d’arrêter d’essayer de faire de toi une artiste), mais tu as parfois de belles idées. Un peu trop spontanée et têtue sans doute mais au moins, tu crois en toi. C’est une qualité.

Je sais que tous les problèmes avec Papa et Maman, c’est dur. Tu vois, 20 ans plus tard, rien que d’y penser, ça te sert encore le cœur. Mais bon, c’est comme ça. Tu n’y peux rien toi, c’est leurs histoires d’adultes. Alors n’oublie pas ton journal de classe et tes affaires de gym chez l’un ou l’autre, prépare bien ton cartable et évite de te faire enguirlander par la maîtresse, ce sera déjà ça. Pour le reste, il va falloir être forte, mais tu es solide Jeje. De ces crises et de ces malheurs, tu vas en sortir plus grande, plus apte à affronter le monde.

Et tes copines ? Vous vous amusez bien ? Vous fabriquer des parfums et jouer à bise ou baffes, non ? Tes amitiés sont et vont rester un élément ultra important dans ta vie. Au fil des années, tu vas te faire de nouveaux amis, tu vas en perdre aussi, je te préviens ça va te rendre un peu triste.

Et le vélo ? Tu t’entraînes toujours autour de l’immeuble ? Je sais que ça te fait pleurer parce que tu crois que tu vas tomber et que tu te sens nulle de ne pas y arriver mais ça va aller. Et même qu’un jour, tu ne te déplaceras plus qu’en deux roues, t’imagines ? Continue, t’es plus un bébé, allez, allez.

En fait, t’as un peu peur de tout. Tu n’oses pas sauter trop haut et courir trop vite. Et puis, il y a Julie et Mélissa et toutes les histoires de camionnettes. Bon, t’as raison de pas prendre des risques à la con mais ne t’inquiète pas, le monde n’est pas que danger et suspicion.

Tu veux devenir actrice. Il va probablement avoir deux, trois changements à ce niveau-là, mais continue de raconter des histoires à ton petit frère, de créer des spectacles de marionnettes, de faire parler tes poupées, ça te servira un jour ou l’autre.

Tu aimes les Danettes au chocolat, Hartley Cœur à Vif, les cabanes, les pubs de parfums que tu collectionnes (tu as essayé la philatélie mais ce n’était pas ton truc), la mythologie grecque, les Spice Girls, Titanic, faire un palmier avec tes cheveux, ton ours brun, ta couette Aladin, touche-touche glacé, s’arrêter aux restos d’aires d’autoroute en partant en vacances, faire des chorés avec tes copines, les fêtes de famille.

Tu n’aimes pas les dictées, la soupe de la cantine, les animaux du bois de Quat’sous, les cours de gym, la femme de ton parrain qui crie trop fort, faire ton sac quand tu dois aller de chez papa ou maman, quand on te dit « Bergé, retourne chez tes moutons », les adultes qui veulent toucher tes cheveux, quand on oublie de venir te chercher à la garderie, la sensation quand tu perds une dent de lait, la bosse de ta grand-mère.

C’est fou Jeje, alors que je t’écris aujourd’hui j’ai déjà vécu, le triple de ton âge, c’est drôle non ?

Courage, dors bien la nuit, ne t’inquiète pas trop. Tes monstres d’aujourd’hui finiront pas disparaître, tout va s’arranger. Rigole un maximum et pleure si tu as besoin.

Bisous sur ton grand front,

Jehanne de 30 ans.

Carte postale #2 : embrasser l’inconnu

Déjà tant et tant à raconter. Chaque jour est une petite renaissance, un monde nouveau. En voyage l’espace-temps est différent. Voilà trois semaines et un jour que j’ai quitté Bruxelles.

Les nuits sont courtes. Mon corps et mon cerveau sont remplis d’adrénaline. Je dors peu. Je ne comprends pas encore comment je tiens debout si fort mais je tiens. Une fois couchée au fond d’un lit, je digère ce que j’avale le jour. Toutes ces lumières, ces sensations nouvelles, ces paysages, ces odeurs, ces situations WTF, ces émotions fortes.

J’avance, je fais mon bonhomme de chemin, me crée de nouvelles balises, de nouveaux repères.

La route me rend plus adaptable, plus relaxe, plus ouverte aussi je crois.

Ce qui est parfois bizarre, c’est que fatalement, le déplacement permanent induit un détachement. Aux choses, mais aussi aux gens.

Alors, il faut vivre le moment. Saisir le présent parce que demain n’a jamais été aussi incertain. C’est chouette, j’aime bien.

Après l’Allemagne, un détour par la Suisse, l’Autriche, me voilà en Hongrie avant de filer vers la Serbie et d’entamer le deuxième chapitre de ce voyage : les Balkans.

C’est fou. J’apprends tellement. Sur l’Europe, sur l’histoire, sur le communisme, sur le nazisme, sur la jeunesse d’aujourd’hui, sur moi aussi.

Je rencontre des gens passionnants, au cerveau hyper réveillé. Le nationalisme et la montée des extrêmes sont au cœur de toutes les discussions. Et puis la remise en question des modèles de consommation. Le partage. Les rêves et les ambitions.

Tant de ballades parfois intenses, parfois tranquilles.

Vivre une ville la nuit, vivre une ville le jour. Tout est différent. C’est quand même marrant !

Sinon, très pratiquement, ma « règle » est de ne pas passer plus de trois heures de transport entre deux stops. Je prends donc le temps.

Quand je décide de flâner plusieurs jours quelque part, je loue en général un petit studio. Pour les étapes plus courtes, je reste chez des inconnus qui deviennent des meilleurs amis de quelques heures grâce au Couchsurfing. Tous les matins, je fais mon petit secrétariat pour « organiser » ma journée suivante. Où je veux aller? Avec qui? Pour faire quoi? J’ai besoin de confort? Je suis d’humeur sociable? Comment vas-tu cher corps, tu le sens de marcher beaucoup beaucoup aujourd’hui? Les grandes questions. (J’ironise un peu mais en vrai, c’est pas mal ça.)

Je vous ai abandonné au lac de Constance la dernière fois… Voici la suite.

Munich est riche. Des musées passionnants, une nature environnante canon, une population très mixte. La ville vit..

Les Alpes, aux environs de Rosenheim, près de la frontière autrichienne. Le plaisir de retrouver la nature. Les montagnes, les lacs. Le calme.

Salzbourg, la jolie ville musée. Très propre, un peu trop en fait. Mais l’air est pure et les montagnes autour si belles, si belles.

Vienne, tirée à 4 épingles, belle et impériale. Je m’y suis sentie chez moi en deux secondes trente. La vie y est calme et agréable (presque pas assez chaotique).

Budapest, pleines de contrastes. De touristes qui viennent se bourrer la gueule pour pas cher. D’histoires passionnantes. De cafés à la déco parfaite. De bâtiments magnifiques. Porte d’entrée vers l’est, elle en a des choses à raconter…

Voilà, j’apprends à ne pas trop planifier et à embrasser l’imprévu et l’inconnu. Et puis, si ça coince un peu (et oui il y a bien quelques bugs de temps en temps sinon ce serait pas drôle), et bien je me répète « it’s gonna be alright » et en fait c’est vraiment vrai it’s toujours alright.

Je vous écris depuis le train vers Pécs, au sud de la Hongrie.  La suite des aventures continue…

KussKuss,

ps: j’ai écrit ça dans mon carnet hier en fait, depuis j’ai dormi à Pécs, une jolie ville étudiante. Historique et chill, il y fait bon vivre. Je trouve ça vraiment cool de voir d’autres villes que les capitales en fait… Maintenant, direction Szeged, où un autre ami inconnu m’attend. 🙂

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Arriver quelque part, déposer le gros sac, embarquer le petit et partir à la découverte de la nouvelle city. Se perdre un peu les premières minutes et puis, petit à petit, comprendre la géographie de la ville nouvelle, prendre ses marques, repérer les quartiers cools puis tout…

Carte postale#1: l’invitation au voyage

Voilà une semaine que j’ai quitté le foyer. C’est rien (ou presque). Et pourtant, ma vie bruxelloise me semble déjà bien loin.

Les journées (et les nuits) sont intenses, le temps est décuplé. Mon cerveau a accumulé trop d’informations, trop d’émotions. Aujourd’hui, je lâche un peu.

Je vous écris face au Lac de Constance. Une étendue d’eau bleu Azur située entre la Suisse, l’Allemagne et l’Autriche.

C’est assez surprenant comme le voyage nous ramène à notre condition animale.Dormir, se déplacer, manger, boire, assurer une hygiène minimum. J’ai parfois l’impression d’être un tamagotchi qui se meurt si il n’a plus de batterie.

Aussi, il suffit de quelques minutes pour se transformer. Plus d’âge, ni de métier, ni de statut social. Le voyageur est voyageur. That’s it. Il/Elle vient de quelque part et se dirige vers l’ailleurs. C’est tout ce qui importe.

Bon, c’est pas tout ça, mais je vais quand-même vous parler de mes découvertes coups de cœur pas que des mes moments d’introspection, non?

A Liège, j’ai adoré la Cité Miroir. Un espace dédié à la mémoire collective. Comme quoi, il ne faut pas aller bien loin pour se laisser surprendre. (C’était quand-même rigolo de ma balader avec mon gros sac à dos dans la cité Ardente.)

A Cologne, j’ai visité un centre de documentation et de recherches sur le nazisme et c’était passionnant. (D’ailleurs, c’est pas le sujet le plus facile à aborder dans ces contrées…)

A Frankfurt, je me suis retrouvée dans un immense espace de création dans une usine Mercedes désaffectée. Partout, il y a des lieux de vie. La ville respire, c’est gai.

A Stuttgart, j’ai passé la soirée dans une famille iranienne. Un prélude à mon arrivée à Téhéran. J’ai senti et aimé la chaleur de cet Orient que j’affectionne tant.

A Zurich, j’ai marché des heures et des heures. J’ai regoûté à la vie de petite madame et j’ai flâné le long des berges animées. L’eau et les baignades dans l’espace urbain, ça change quand-même un peu tout à la vie en ville.

Et puis là, je suis au lac de Constance, dans un petit bled suisse. C’est un vrai paradis terrestre. Un réel plaisir pour les cyclistes et les amoureux de la nature. Puis, pour la première fois, je suis seule. Je savoure le silence et digère un peu les derniers jours. Et aussi, j’écris.

Quand-même chaque jour je me dis que c’est génial de vivre tout ça.

Alors voilà, il m’arrive d’avoir faim, soif, d’être fatiguée ou d’avoir mal aux pieds mais cette aventure ne fait que commencer et elle s’annonce plutôt cool.

C’est un peu kitch ce qui suit mais vraiment tantôt j’étais en bikini sur mon vélo entre le lac et les arbres fruitiers, le vent dans le dos et le soleil sur la peau et j’ai pensé très fort que cet instant était magnifique de beauté et de liberté.

Voilà, ça m’a fait du bien d’écrire un peu avant de reprendre ma vie de petit bonhomme qui avance.

Vous embrasse bien fort (mais pas trop trop fort parce que mon corps n’est que courbatures)

ps: le couchsurfing c’est quand-même la meilleure invention du World Wide Web

C’est décidé, plus tard, je vivrai à côté de l’eau.

Petit hommage du soir à l’infirmière de jour

Alors voilà, il y a des trucs dont je ne parle vraiment pas souvent. J’ai dans ma valise émotionnelle une boîte compliquée que j’ai appris à gérer, à maîtriser.

Ma mère est fragile: quatre mots écrits simplement mais quelque peu plus complexes qu’il n’y paraît.

Et parce que rien n’est noir ou blanc et que parfois la langue n’est pas adaptée à certaines réalités, je garde presque toujours ça à l’intérieur. Et parfois ça ressort en pleures, en cris bizarres. Ce n’est d’ailleurs pas encore le moment de tout accoucher mais ça viendra, enfin, je crois. Les faiblesses forgent nos personnalités, à ce qu’on raconte.

Voilà, le contexte instable est planté. Pas besoin de détails. Tout ça pour te parler de mon passage à l’hôpital cette après-midi.

Je rentre dans sa chambre. Son regard est vide, je ne reconnais pas ses yeux. Ils sont ronds, sans la moindre expression. Elle est calme, impassible, elle mange machinalement.

Je sens mon sang se glacer. Il y a quelques jours, j’avais repris espoir. Nous rigolions en m’imaginant porter le voile en Iran et là plus rien, le vide, le néant.

Je la teste. Quelle est ma date d’anniversaire? Elle me regarde, réfléchit un instant et clame « le 15 décembre ». Un frisson me parcourt le dos. Je suis née le 10 juillet. Le reste de mes questions ne fait que confirmer mon intuition.

Aujourd’hui est un jour sans. Un jour où ça ne tourne définitivement pas rond. Un jour où ma maman n’est plus là, dans le vrai monde, celui où l’on peut se dire les choses et compter les uns sur les autres.

J’ai senti les larmes monter. J’ai serré les dents, c’est un peu ma spécialité.

J’ai cherché l’infirmière. Ce petit bout de femme entre deux plateaux repas a trouvé les mots pour me soulager, pour m’apaiser.

Quand je repense ce soir à cet instant d’humanité dans ce couloir aux lumières artificielles, je ne peux m’empêcher de chialer.

Je lui ai dit merci.

Il y a des trucs que j’arrive jamais à exprimer ni en parlant, ni en écrivant, ni en dansant. Je ne sais pas expliquer ce paquet de nœuds de manière intelligible.  Parfois, j’essaie, quand je sens une certaine intimité, une sorte de fusion, mais j’ai terriblement peur. Peur du jugement, de la mécompréhension. Peur des commentaires mal placés, peur de faire peur.

Cette inconnue m’a dit les choses avec justesse. Sans autre but que celui d’être sincère. Et là, d’un coup, d’un seul, ma cage thoracique si solide et mes épaules toujours prêtes à porter se sont relâchées.

L’infirmière du cinquième est une belle personne. Vraiment. Remplie de bienveillance et de clairvoyance. J’ai eu envie de la serrer dans mes bras, mais tu sais, parfois tu te retiens parce que bon… mais j’espère qu’elle l’a senti (je crois que oui).

Quelques mots anonymes c’est pas grand chose, mais vraiment, celles et ceux dans les hôpitaux qui travaillent dans l’ombre pour apaiser les souffrances des patients méritent tous les hommages du monde.

Ça y est, j’ai la chanson pour l’Auvergnat de Brassens en tête maintenant. Héhé, une petite note d’humour pour ravaler les larmes, demain est un autre jour.

J’espère que tout ça ne finira pas trop mal.

J’essaie d’y croire.

Mais parfois,

je finis par en douter.

Je pars

Salut,

J – Sept. Dans une semaine, je suis sur la route. Avec mon sac, mon smartphone et mon Moleskine (je voudrais bien te faire croire que je me contente d’une carte routière mais ce serait mentir (surtout que moi et le sens de l’orientation t’sais (sans compter que je n’ai toujours pas le permis héhé (tu le sens le sourire gêné?))). Trêve de parenthèse, bientôt, très bientôt, trop bientôt, je me (re)lance dans l’inconnu, direction l’Iran.

Mais avant d’arriver loin, là-bas, je vais traverser une flopée de pays. C’est rigolo je trouve, quand-même. Je m’imagine dans tous ces lits, ces bouts de fauteuil, ces trains, ces parcs, où je m’endormirai bientôt.

Aussi, je quitte mon travail. C’est quelque chose pour moi tu sais. Ce projet, c’est une partie de ma jeunesse. Je tourne une page. J’ai un peu le cœur gros, mais je sais que c’est la bonne décision et que je laisse ce joli bébé devenu grand en de bonnes mains. Et puis Tissu Orange est dans mes tripes forever, même de loin.

Tu trouves pas que cet été est si doux, si beau, si vivant? Les ciels virent parfois roses parfois couleur feu, c’est chouette.

Alors, je regarde l’horizon longtemps. Les toits bruxellois. Les nuages fluides. Les ombres. J’écoute la rumeur de la ville. J’oublie un peu tout. Et tout d’un coup, les trucs moins cools qui me restent quelque part entre le cœur et l’estomac s’envolent.

Et, je souris.

Hier soir en m’endormant, je me disais que mon existence était à cet instant T, aussi joyeuse, légère et insouciante que je ne pouvais l’espérer.

Tant et si bien que je me suis demandée pourquoi je m’apprêtais à quitter cette bulle de bonheur, ces amis qui me remplissent le cœur, ces moments délicieux qui me font m’endormir sans peur…

Je cherche quoi au fait? Un paradis perdu? La liberté absolue? La paix intérieur? La frontière des mes limites? La fuite?

Je ne sais pas très bien. Mais je crois que je suis contente de vivre ce départ.

Probablement que parfois je me sentirai nulle et perdue mais c’est pas si grave.

C’est drôle quand-même cette quête continuelle. Jusque quand? Jusqu’où?

Parfois, je me sens un peu à la marge. Mes proches achètent des maisons, moi je me retire de tout ce que je construis. Tu vois le jeu « Jenga » où on place les bouts de bois en équilibre? Bhen moi, je suis de celles qui font écrouler le bazar à tous les coups. OUPS.

Tu sais, j’ai décidé de n’accepter aucun projet pour les prochains mois. Je veux faire Rien. Ou plutôt je veux faire Tout. Tout ce qui s’offre à moi. Sans barrière, restriction ou obligation.

Peut-être que je vais écrire beaucoup. Peut-être pas.

On verra.

Je veux vivre, c’est déjà ça.

A bientôt,

Deux, trois trucs

Coucou,

J’ai trente ans.

J’ai un anneau doré dans la narine droite.

Je quitte mon travail tant aimé, mon bébé, notre projet.

Je pars vivre sur la route dans trois semaines.

Je m’apprête à réaliser un de mes plus grands rêves.

Je veux goûter à la liberté, au lâcher-prise, à la non-contrainte absolue.

Je suis prête à sauter dans le vide mais je sais que tout ira bien.

Je me sens solide comme un roc.

J’ai confiance en demain.

Je suis heureuse et émue devant l’aurore bleu clair et le crépuscule aux 1001 couleurs.

Voilà, j’avais besoin de te raconter ça depuis mon état de coton entre le sommeil et l’ultra-conscience.

Maintenant, je vais boire un café pour me réveiller et affronter le vrai monde.

T’embrasse,